La Nuit
des Eglises

Aventure de la Couronne et de la Sainte Epine
Par Jacques STRIBICK

1.Ancien Testament

Pour élucider l’aventure de la Couronne et de la Sainte Epine,
il va nous falloir répondre à cette question :
comment une couronne peut-elle être à la fois :
couronne d’épines et couronne de gloire ?
Ou à une autre question, qui lui est semblable,
Comment la souffrance, du renoncement à soi-même, peut-elle devenir source de Joie ?

Il va nous falloir aussi tenter d’utiliser nos cinq sens, mais les cinq sens de l’esprit :
le sens de l’histoire,
le sens du mouvement progressif de la révélation,
le sens de la foi,
le sens de la relativité des mots
et le bon sens tout court.

Cette aventure, se dessine déjà 1 600 ans av. J.C.
avec ce dialogue de Jérémie au chapitre XV :
« Malheur à moi, tout le monde me maudit.
En vérité, Yahvé, ne t’ai-je pas servi de mon mieux ?
Reconnais que je subis l’opprobre pour ta cause.
Pourquoi ma souffrance est-elle continue ?
Vraiment tu es pour moi comme un ruisseau trompeur aux eaux décevantes ! »
Alors Yahvé répondit :
« Je ferai de toi, un rempart de bronze fortifié.
Pour te sauver et te délivrer. »

Avançons de deux siècles et nous voilà avec Job,
Job dont Dieu lui-même dit :
« il n’a point son pareil sur la terre : un homme intègre et droit »
et pourtant Dieu autorise Satan à détruire tout ce qu’il possède,
au chapitre XVI, Job plaide sa cause :
« Mes adversaires aiguisent sur moi leurs regards,
ouvrent une bouche menaçante.
Leurs railleries m’atteignent comme des soufflets,
ensemble ils s’ameutent contre moi.
Oui, Dieu m’a livré à des injustes,
entre les mains des méchants, il m’a jeté.
Pourtant, point de violences dans mes mains,
et ma prière est pure. »

Et , finalement, au chapitre 42, voici ce qu’il advint :
« Et Yahvé eut égard à Job.
Et Yahvé restaura la situation de Job.
Et Yahvé accrut au double tous les biens de Job.
Et même Yahvé bénit la condition dernière de Job, plus encore que l’ancienne. »

Maintenant nous remontons d’un coup de 700 ans,
ce saut qui nous amène justement 700 ans av. J.C.
alors Isaïe prophétisait de façon saisissante,
Notamment au troisième chant du serviteur :
« Le Seigneur Yahvé m’a donné une langue de disciple,
et moi je n’ai pas résisté,
Je ne me suis pas dérobé,
j’ai tendu le dos à ceux qui me frappaient,
et les joues à ceux qui m’arrachaient la barbe ;
je n’ai pas soustrait ma face aux outrages et aux crachats.
Et je sais que je ne serais pas confondu.
Il est proche, celui qui me justifie. »

Et au quatrième chant du serviteur, l’annonce se fait plus précise :
« Il n’avait plus figure humaine,
et son apparence n’était plus celle d’un homme,
objet de mépris, abandonné des hommes,
homme de douleur, familier de la souffrance,
méprisé, nous n’en faisions aucun cas.
Maltraité, il s’humiliait, il n’ouvrait pas la bouche,
or ce sont nos souffrances qu’Il portait
et nos douleurs dont Il était chargé.

A la suite de l’épreuve endurée par son âme,
il verra la lumière et sera comblé.
Le juste, mon serviteur justifiera les multitudes. »

Et nous voilà 400 ans av. J.C.
avec cet extrait du psaume 22 :
« Mon gosier est sec comme un tesson,
et ma langue adhère à mon palais ;
tu me couches dans la poussière de la mort.
Une meute de chiens m’environne,
une bande de malfaiteurs m’entoure.
Ils me regardent et m’observent avec joie,
ils partagent entre eux mes vêtements
et tirent au sort ma tunique.

Mais toi, Yahvé ne sois pas loin ;
mon soutien, hâte-toi de me venir en aide,
Délivre le malheureux que je suis,
c’est alors que je dirai à mes frères
la gloire de ton nom ».

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