La Nuit
des Eglises

2.Le Christ sur le chemin de la croix et en croix

Au Calvaire (suite)

« Dévot Christ de Perpignan »
cathédrale Saint-Jean Baptiste, Perpignan,
début 14°

Cependant dès la fin du Moyen-Age et dans les siècles suivants, la couronne d’épines est bien présente, son volume augmente, à l’unisson des souffrances subies par les hommes de ces temps. Ainsi, tel un cordage serré, elle s’impose sur la tête du « Dévot Christ de Perpignan ». Le réalisme exacerbé de son visage tient de l’abstraction moderne et les traces de la résurrection passent par la traversée bien réelle de la mort.



Matthias Grünewald, retable d’Issenheim, 1515

Chez Grünewald, peintre germanique actif au début du 16°, la couronne prend même des proportions considérables, comme sur le retable de Colmar, vers 1515, reflet de ce monde troublé par les guerres liées à l’éclosion de la Réforme, les épidémies et le « mal des ardents » soigné par les Antonins à Issenheim. Les ténèbres ont recouvert la terre.

Le Christ immense incline la tête cernée d’une énorme couronne d’épines : « Hérissé, tel une cosse de châtaigne » dira Huysmans (Colmar, musée Unterlinden). Son corps est criblé d’échardes.

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